Audition (2000)

Publié le par AsiaLoverSun

             Audition (2000)

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Titre : Audition
Titre original : Ôdishon (オーディション)
Réalisation : Takashi Miike
Scénario : Daisuke Tengan, d'après un roman de Ryu Murakami
Production : Satoshi Fukushima et Akemi Suyama
Musique : Kōji Endō
Photographie : Hideo Yamamoto
Montage : Yasushi Shimamura
Décors : Tatsuo Ozeki
Costumes : Tomoe Kumagai
Pays d'origine : Japon
Format : Couleurs - 1,85:1 - DTS - 35 mm
Genre : Drame, horreur
Durée : 115 minutes
Dates de sortie : 1999 (Canada), 3 mars 2000 (Japon), 6 mars 2002 (France)

 

Acteurs: 

Ryo Ishibashi : Shigeharu Aoyama
Eihi Shiina : Asami Yamazaki
Tetsu Sawaki : Shigehiko Aoyama
Jun Kunimura : Yasuhisa Yoshikawa
Renji Ishibashi : Le vieil homme en chaise roulante
Miyuki Matsuda : Ryoko Aoyama
Toshie Negishi : Rie
Ren Osugi : Shibata
Ken Mitsuishi : Le réalisateur
Yuriko Hirooka : Michiyo Yanagida
Fumiyo Kohinata : Présentateur TV
Misato Nakamura : Misuzu Takagi
Yuuto Arima : Shigehiko enfant
Ayaka Izumi : Asami enfant

 

Synopsis 

Un producteur de film dont l'épouse est morte il y a sept ans, accepte sous les conseils d'un ami réalisateur d'assister à un casting pour dénicher une nouvelle actrice. Il est profondément attiré par une jeune femme qui va l'attirer dans une horrible et sanglante spirale.

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Lui-même réalisateur de plusieurs films basés sur ses propres romans (Tokyo Decadence, Kyoko,...), le fer de lance de la "nouvelle génération" littéraire nippone qu'est Ryu Murakami, laisse pourtant les soins de l'adaptation de son roman-feuilleton Audition à quelqu'un d'autre... Sans doute trop personnel, trop dur à réaliser pour l'auteur des Bébés de la consigne automatique si on en croit Takashi Miike*, c'est donc au réalisateur de la trilogie Kuroshakai que revient la tâche de porter à l'écran cette fable horrifique moderne...

Shigeharu Aoyama (Ryo Ishibashi) vit seul avec son fils Shigehiko depuis le décès de sa femme, une dizaine d'années auparavant. Publicitaire émérite, il fait part à l'un de ses collègues de son désir de se remarier. Ce dernier met au point un plan particulièrement original pour tenter de satisfaire Aoyama: il déterre l'un des scénarios de son ami, susceptible de devenir un long-métrage après quelques modifications, et organise une audition pour le rôle titre - comme par hasard féminin - du film-excuse. Les jeunes actrices défilent, et Aoyama n'a plus qu'à faire son choix - qui se portera sur la timide Yamazaki Asami (Eihi Shiina)...

Audition n'est pas un film d'horreur tel que les gens l'entendent généralement. Imaginé comme une réponse féminine au texte originel de Murakami, c'est une analyse perverse des rapports humains modernes, perçue d'un point de vue féminin. Une espèce de conte pour le cadre dynamique, une histoire à faire peur qui pourrait paraître dans FHM ou Men's Health pour remettre les idées de certains coureurs de jupon irréfléchis en place.

Audition, un film féminin, certes - mais de façon détournée. En effet, ce point de vue s'exprime avant tout, paradoxalement, par une certaine absence puisque, cinématographiquement parlant, la quasi-totalité du film tourne autour du personnage interprété par Ryo Ishibashi. Cependant, ce n'est que lorsque Aoyama et Asami sont ensemble à l'écran que la situation du veuf évolue. Quand Asami se retire de l'image, le film de Miike stagne autour de l'incapacité (le refus?) de Aoyama à prendre des décisions par lui-même, ou alors se rend dans des contrées oniriques qui, d'une certaine façon, semblent obéir à une volonté "narrative" dictée par le personnage incarné en douceur - et principalement hors-champ, donc - par Eihi Shiina.
En réalité, Aoyama représente le spectateur - ici, de sa propre vie - dans toute son ampleur: depuis l'audition jusqu'au final du film (au cours duquel le point de vue adopté par la caméra de Miike devient explicitement celui de son regard), Aoyama assiste au rêve/cauchemar que devient cette seconde chance, programmée par quelqu'un d'autre que lui. Miike s'assimile parfaitement au point de vue de Asami, filmant l'histoire en obéissant à la volonté de cet esprit féminin, si doux et si effrayant à la fois.

Décrit de la sorte, on pourrait presque penser que Audition occupe une place anormale dans la filmographie de Miike - un peu à la manière de Fudoh et de son rejet de l'enfance. Mais par le biais de cette soumission à la relation amoureuse "aveugle", c'est bien une intégration dans notre société "de couple" que Aoyama recherche, ainsi qu'au sein de sa propre famille (en repassant du statut de simple père à celui de mari, et donc de "père de famille").
Et ceux qui ont vu le film et entendu le "kiri kiri kiri" de Asami savent que l'héroïne de Audition partage, avec ses équivalents masculins dans l'oeuvre de Miike, un attachement pour l'enfance très poussé; et que c'est sa transition du monde de l'enfance vers celui des adultes (par le biais de l'intrusion prématurée de ce dernier) qui a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui.
Comme quoi, même travesti en femme innocente, Miike reste... Miike!

Effrayant, traumatisant, Audition est un film absolument fascinant. Tour à tout sobre et déjanté, c'est sans doute le film de Miike qui a su susciter l'écho le plus large auprès d'un public international non-exclusivement festivalier. Qui a dit que l'horreur était un ghetto? Certainement pas le réalisateur qui prouve, une fois de plus, que la classification de ses oeuvres en genres est parfaitement dénuée de sens.

Akatomy - 21.05.02

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