Coffret La Pivoine Rouge

Publié le par AsiaLoverSun

        Coffret La Pivoine Rouge

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Aka Lady Yakuza, Red Peony Gambler, Hibotan bakuto
Avec Sumiko Fuji, Ken Takakura
Japon
Yakuza Eiga
1968-1972


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Oryu, la pivoine rouge, dont le père, chef du clan Yano, vient de mourir assassiné, va chercher à le venger puis parcourra le Japon de clan en clan pour que la loi des yakuzas soit respectée. Ses aventures tumultueuses et sanglantes sont racontées à travers 8 films :

La Pivoine rouge (par Kosaku Yamashita) (1968)
La Règle du Jeu (par Noribumi Suzuki)(1968)
Le Jeu des Fleurs (par Tai Kato) (1969)
L'Héritière (par Shigehiro Ozawa) (1969)
Chronique des Joueurs (par Kousaku Yamashita) (1969)
Le Retour d'Oryu (par Tai Kato) (1970)
Prépare-toi à Mourir (par Tai Kato) (1971)
Le Code Yakuza (par Buichi Saito) (1972)
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DVDRIP | Avi
Langue : japonais | Sous-titres : français (softsub, DVD Z2)
Ripper : Ubik
700 Mo à 1.4 Go par film


Télécharger Le Coffret Lady Yakuza : La Pivoine Rouge en VOSTFR :
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« Lady Yakuza » est donc au départ, il y a donc huit films dans le coffret,

une série d’un classicisme affirmé.

 

Autour d’une star, pour les amateurs de cinéma populaire japonais, incontournable, Junko Fuji qui sera Oryu, « La Pivoine Rouge », yakuza novice et vagabonde, femme dans un monde d’hommes, qui veut rester femme mais doit agir comme un homme, amoureuse parfois, rêvant d’avoir une famille, d’où les nombreux enfants qu’elle cajole dans la série. Mais ce n’est pas son rôle, c’est une yakuza, elle a choisi le chemin de la mort et de la solitude.

 

Mais je dévie, je reviens maintenant à l’essentiel.

 

« Lady Yakuza 1 : La Pivoine Rouge » et « Lady Yakuza 2 : La Règle du Jeu » sont définitivement des films d’avant, du temps où le cinéma n’avait pas besoin de fioritures. Et ils posent les bases de la morale yakuza, car il y a une morale yakuza : il y a dans la série de bons yakuzas qui se préoccupent du peuple, et de mauvais, qui veulent en tirer partie.

 

On ne fait pas dans le réalisme.

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Dans le premier film elle devient elle-même dès le second, elle commence à traverser le Japon pour défendre les minorités et les oubliés.

 

L’histoire est toujours semblable, il y a donc de bons et de mauvais yakuzas, et de plus les personnages principaux sont toujours incarnés par les mêmes acteurs, toujours les mêmes méchants, toujours les mêmes bons, ce qui fait qu’en voyant les films on a l’impression de n’en voir qu’un seul.

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Ce qui est extraordinaire c’est que dès le troisième volet dû à Kato Tai, auteur ensuite du sixième et du septième, l’avant-dernier, le cinéma japonais change, se tarabiscote, devient plus violent.

 

Ce n’est pas pour rien que « Lady Yakuza » se passe pendant l’ère Meiji, cette époque où une partie de l’Orient singe l’Occident (voir les yakuzas habillés en costumes de ville, ce sont toujours les méchants) et où une partie des japonais savent qu’ils ont ouvert la porte à un monde qui va les broyer. C’était évidemment une ère formidable à évoquer dans les années 70, dans un Japon déjà en crise, mais qui en réalité n’a jamais cessé de l’être.

 

Le Japon a alors perdu la guerre, heureusement il est là pendant les années 50 et 60 pour reprendre pied et pour se venger, ça l’occupe, mais dès les années 70, dès qu’il est rentré à nouveau dans la cour des grands, des grands pays veux-je dire, le Japon se pose des questions. Pour affronter l’occupant, américain essentiellement, il a fallu le copier, faire mieux que lui mais dans les mêmes domaines, et est-ce que tout le monde n’a pas perdu son âme ? L’âme japonaise.

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On sait que les répercussions seront encore plus terribles car si les japonais adultes des années 70 et leurs enfants immédiats vivaient encore, nostalgiques dans le monde d’avant, leurs enfants et leurs petits-enfants, au fur et à mesure qu’ils apparurent, refusèrent le modèle qui leur était offert : travailler comme des bêtes pour sauver le Japon, et ils décidèrent de s’isoler, créant une culture melting-pot, celle des Otakus japonaises donc mais qui depuis, devenant une culture de l’enfermement dans le virtuel et dans les fantasmes, typiquement japonaise, qui par un juste retour des choses, a fini, à l’aube du troisième millénaire, par s’étendre au reste du monde.

 

Mais je fais trop d’apartés, je voulais vous dire donc qu’après les Kato Tai, j’ai un faible pour le huitième épisode « Lady Yakuza : Le Code Yakuza », dû et réalisé par Buichi Saito qui, en parallèle, est également en train de travailler au même moment sur une autre série d’ « après », le mythique, mythologique, et très bande dessinée, et très Tarantino avant l’heure, « Baby Cart ». Se faire donc les « Lady Yakuza » dans l’ordre ou dans le désordre, cela veut dire comprendre la mutation du cinéma japonais et au travers du cinéma japonais, la mutation du Japon.

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Ca se fait en douceur avec des répétitions innombrables et admirables : « La Pivoine Rouge » chante sa chanson, une espèce de ballade pour gangsters à la Germaine Montero, période Mac Orlan, et puis il y a chaque épisode qui commence avec Junko Fuji face à nous ou face aux chefs yakuzas qu’elle visite au début de chaque épisode, qui dit qu’elle est la Pivoine, qu’elle est une femme, une errante et qu’elle a besoin qu’on l’aide.

 

Inutile de vous dire que de l’aide elle va en trouver, grâce à sa beauté fragile et à son intensité.

 

Dernier aparté encore (je n’aurais fait que ça aujourd’hui), cette beauté est très particulière et à l’aune d’aujourd’hui, on la dirait laide. Imaginez que vous êtes dans les années 60, à une époque où la plus belle femme du monde est peut-être Doris Day (ce que je pense toujours aujourd’hui), et vous vous rendrez compte que les canons esthétiques ont bien changés.

 

Junko Fuji, au contraire de la très moderne Meiko Kaji, l’héroïne de « Elle s’appelait Scorpion », est une beauté d’avant, une beauté du XIXème siècle, une beauté de l’ère Meiji en somme, ça tombe bien.

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Au travers d’une petite série populaire, œuvre collective donc, au niveau des scénaristes comme des metteurs en scène, au travers de l’évolution d’une actrice qui, peu après le dernier épisode, va décider d’arrêter de tourner, ce qui la rendra plus mythique, autour d’une histoire de mondes en mutation racontée dans un monde qui lui aussi est à son tour en mutation, voici donc une série parfaite qui illustre mieux qu’aucune autre le changement qu’il y eut à un moment précis dans le cinéma japonais.

 

Avec une troupe d’acteurs merveilleux, au sens théâtrale du mot bien sûr, puisque certains sont habitués au rôle de fourbe, de méchant, et d’autres de héros irréprochable qui forcément vont mourir.

 

Il y a là-dedans une pureté. La pureté du grand cinéma populaire.Un sens moral aussi, le sens moral du grand cinéma populaire.

 

Aujourd’hui hélas le cinéma populaire n’est plus ni pur, ni moral. C’est comme ça.

 

Il ne fait que refléter le temps, les temps sont difficiles, comme disait le poète.

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